Les rentrées solennelles des différents Tribunaux du département opèrent, comme chaque année, autour d’un cérémonial que certains trouveront désuet, obsolète, pompeux et d’autres y assisteront avec le bonheur de retrouver l’art de la rhétorique, du bon mot, de l’éloquence affirmée. Car en fait, une cérémonie est une activité, emplie de signification rituelle, qui se déroule pour une occasion spéciale. Et ces rentrées emplissent parfaitement ces deux fonctions. Il s’agit bien là d’une signification rituelle que se partagent les différents présidents des Tribunaux, les bâtonniers et les procureurs. Quant à l’occasion spéciale, elle donne lieu à une sorte de bilan de l’activité judiciaire de l’année écoulée qu’elle soit d’Instance, de Commerce ou Prud’homale. Ces femmes - de plus en plus nombreuses - et ces hommes vêtus de noir affichent, sous un apparat de circonstance, que la Justice est d’abord une autorité donnée par des Hommes à d’autres Hommes. Et pour parodier la formule consacrée au terme de chaque discours prononcé par le procureur : «je requiers qu’il plaise au lecteur de constater dans ce numéro l’ouverture de l’année judiciaire 2012, espérer qu’il soit satisfait des comptes rendus qui s’y trouvent, donner acte de nos articles et dire que du tout il en fera bon usage». Gérard Clétil